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Posté : ven. mai 29, 2009 11:44 am
par Pandora
ogechter a écrit :J'ai rencontré il y a quelques années de ça une petite surdouée de 5 ans (150 de QI mesuré à l'époque, 20 de plus aujourd'hui). Elle parlait comme une pré-ado.
Je vous jure que ça fait carrément peur. On ne peut pas s'empêcher de trouver ça anormal.
Mais même comme ça, ça restait une enfant de 5 ans, qui avait besoin de calins, de son nounours et qu'on la trouve la meilleure.
Ca me fait penser à la petite fille de l'exorciste qui disait des choses horribles d'adulte...
Oui, j'imagine assez que ça fasse peur
La maturité intellectuelle se développe beaucoup plus rapidement que la maturité affective, et c'est vrai que ce décalage peut frapper ; un enfant raisonnant n'en devient pas pour autant un enfant raisonnable :D

Posté : ven. mai 29, 2009 12:37 pm
par ogechter
Pandora a écrit :un enfant raisonnant n'en devient pas pour autant un enfant raisonnable :D
M'en parle pas... fallait 2 adultes hyper ouverts (et si possible pas de la famille) pour la canaliser... C'était tuant.
@+
O.

Posté : ven. mai 29, 2009 12:41 pm
par Celia
Roanne a écrit :Depuis j'ai vu des reportages extrêmement instructifs sur les effets du stress en bas âge sur la capacité d'adaptation, la mémorisation et le comportement (en particulier la capacité à créer des liens sociaux).
Très instructif. Il FAUT protéger les enfants du stress, vraiment !
J'ai connu un gamin comme ça quand je bossais en collège, benjamin de quatre ou cinq frères (dont un ou deux étaient passé par la case prison) Son frère aîné nous en faisait voir des vertes et des pas mûres, et lui c'était l'inverse totale : trop discret, avec du mal à communiquer. En fait il avait la trouille de venir au collège, mais il avait refusé la section spécialisée parce qu'il avait encore plus la trouille de prendre le bus tout seul (la section était dans un autre collège)
Ca faisait mal au coeur (enfin heureusement il s'est accroché à moi pour des raisons inconnues, ce qui a permis de débloquer sa situation entre lui et l'administration scolaire et il a pu représenter un dossier pour section spécialisé, ce qui est très rare, et y être accepté, ce qui est encore plus rare)

Mais ce genre de cas est beaucoup plus répandu qu'on ne le croit, malheureusement.

Ca me donne envie de me replonger dans un ou deux bouquins de sociologie du coup.

Posté : ven. mai 29, 2009 1:02 pm
par Ereneril
Je peux vous garantir que l'enfant raisonnant, c'est épuisant.
Et c'est tout sauf raisonnable...

Il y a des jours où on se dit que ce serait mieux si elle était moins intelligente. Et on est pas fier de penser ça... :rha:

Enfin là, on entre dans le fil têtard...

Posté : ven. mai 29, 2009 9:04 pm
par Celia
Les enfants ont souvent de mauvais dialogues dans les films, notamment les films centrés autour d'eux ou destinés à un jeune public (du moins à mon avis, mais il y a des exceptions partout) Cependant...
En ayant toujours en mémoire cette conversation, je viens de revoir Aliens ce soir, et c'est là que ça a fait véritablement tilt.
Pour ceux qui n'auraient pas vu le film, ou qui n'en auraient qu'un souvenir confus voilà en gros le résumé du personnage enfant : Newt, âgée d'une dizaine d'années, est l'unique survivante d'une communauté de colons attaquée par les aliens. Elle a survécu pendant plusieurs semaines en se cachant dans les conduits d'aération. Et elle sauvée par les Marines qui viennent sur la base et établit un lien très fort avec Ellen Ripley, le personnage principal du film.
L'angoisse et le stress post-traumatique du personnage de Newt est, à mon avis, très bien rendu : elle a peur, parle très peu, est complètement mutique au début de l'histoire, fait des cauchemars, dort sous son lit et se cache tout le temps. Elle s'est également dotée d'un substitut d'ami (de contact humain) avec sa poupée (même si elle est tout à fait consciente qu'il ne s'agit que d'un bout de plastique)
Et donc en revoyant le film je me suis rendue compte qu'à partir du moment où Newt se familiarise avec ses sauveurs (bien qu'ils soient toujours tous coincés sur une planète très hostile avec peu de chance de s'en sortir), elle se comporte comme une petite fille normale : elle joue avec un casque, imite les saluts militaires, appelle les soldats par leurs noms. Ce sont à peine quelques petites touches (le sujet principal du film n'est pas là et, même pour Newt, son développement principal reste sa relation avec Ripley) mais je me suis rendue compte que ça rendait son personnage extrêmement normal et vrai.
En fait je n'y avait jamais vraiment réfléchi avant mais là, ça m'a sauté aux yeux.
Il faut que je vois d'autres films de ce genre avec des enfants pour voir si je trouve d'autres exemples (c'est ce qui manquait un peu à La Guerre des Mondes, de Spielberg, film que j'ai pourtant adoré, mais où la petite fille est constamment sous l'emprise de l'angoisse sans aucune ouverture "enfantine", d'après mon souvenir)

Posté : sam. mai 30, 2009 12:54 pm
par misandre
En film, je pense à E.T. En livre, il y a la nouvelle de Stephen King, "le corps", devenue Stand by me en film. Sinon, il y a "Ca" du même auteur, mais bon, ce sont des enfants de 12 ans, peut-être trop âgés pour toi.

En fait, l'idéal, c'est d'aller se poser sur un banc dans un jardin public, les oreilles grandes ouvertes (et un bouquin à la main pour que les parents n'appellent pas les flics cause allure suspecte)...

Bon, je te laisse, ça sonne à la porte, sans doute une nouvelle grenouille qui m'apporte ses têtards (j'en suis à 12 maintenant...)

:help:

Posté : sam. mai 30, 2009 1:26 pm
par Roanne
mdr

Bon courage Misandre !

Il y a un autre livre de Stephen King dont l'héroïne est une petite fille qui se perd dans une forêt, zut j'ai oublié le titre, mais ça correspond certainement plus au niveau tranche d'âge. On se demande si King n'a pas été une fillette dans une autre vie.

Posté : sam. mai 30, 2009 8:52 pm
par Luminelya
Roanne a écrit :Il y a un autre livre de Stephen King dont l'héroïne est une petite fille qui se perd dans une forêt, zut j'ai oublié le titre, mais ça correspond certainement plus au niveau tranche d'âge. On se demande si King n'a pas été une fillette dans une autre vie.
C'est La petite fille qui aimait Tom Gordon. L'héroïne, Trisha, a neuf ans, et j'ai effectivement été frappée par le ton très juste du récit.

Posté : dim. mai 31, 2009 8:40 pm
par Napalm Dave
Pas fastoche comme sujet.
Le roman que je prépare a d'ailleurs une enfant comme héroïne: intelligente, mais constament brimée par une mère brutale et ultra exigeante.

Par définition, si un enfant est le héros de votre récit, il est exceptionel. Vous pouvez donc vous permettre de lui donner quelques savoirs et comportements plutôt au dessus de la moyenne. Si c'est un enfant du récit, personnage secondaire, le mieux est d'observer les vrais enfants. Il faut aussi les replacer dans leur contexte: un enfant de dix ans dans un récit contemporain n'aura pas les mêmes réactions ni la même débrouillardise qu'un enfant médiéval ou même qu'un enfant de favela à l'autre bout de la Terre. J'avais été très étonné de voir un reportage qui suivait un groupe de petits survivant seuls à La Paz, et s'occupant de leur vieille grand mère invalide: les plus vieux devaient avoir huit ans...

D'accord avec Roanne, je connais des enfants qui, élevés dans un mauvais contexte se "débilisent" littéralement: en particulier un qui ne sait baraguiner que deux mots à 3 ans (dont une injure!).
J'ai travaillé suffisament de temps en école pour ne pas avoir toutes les idées préconçues sur le langage enfantin: ils formulent beaucoup mieux les idées qu'on ne le croit généralement mais moins dans le sens du discours préparé, plus dans la spontanéité, ça ne les empêche pas d'avoir du vocabulaire et parfois bien plus que certains adultes qui sont incapables de s'insérer dans un débat répètent toujours les mêmes platitudes. Les enfants sont généralement plutôt réactifs, à défaut d'avoir le sens de la répartie (qui exige un certain vécu des situations de langage, donc d'anticiper les réparties).

Je me rappellerai toujours un élève qui avait un an d'avance et parlait comme à l'écrit: "Monsieur, à quelle heure la récré se termine-t-elle?" et c'était un petit forain qui ratait beaucoup l'école entre chaque déplacement de sa famille.

Globalement, l'aisance de langage des enfants varie énormément d'un individu à un autre, certains soutiennent une conversation presque adulte et en général, lorsqu'ils topent les adultes pour leur parler, c'est justement pour poser des questions et acquérir du vocabulaire et des connaissances.

Sachant quand même aussi qu'entre 0 et 2 ans, l'enfant passe plusieurs paliers de maîtrise à vitesse grand V et que ses mots et phrases s'accroissent de manière exponantielle: heureusement d'ailleurs, car leur maîtrise de la phrase avec verbe conjugué et complément précède de loin celle de l'écriture.

Posté : lun. juin 01, 2009 9:16 pm
par ogechter
Napalm Dave a écrit :Par définition, si un enfant est le héros de votre récit, il est exceptionel.
Franchement, je ne vois pas pourquoi. Dans Sans Famille, Rémi est un enfant normal. Heidi est normale. Pinocchio est... heu non rien.
Rien n'interdit un enfant normal d'avoir un destin extraordinaire.
@+
O.

Posté : mar. juin 02, 2009 5:49 pm
par Napalm Dave
Certes mais l'oeil du lecteur va se focaliser sur lui, le récit va tourner autour de lui. Fatalement, un tel héros aura )plus d'interactions au niveau des dialogues (et c'est ce qui nous intéresse), c'est dans ce sens là que je disais "exceptionnel", la petite fille de mon récit n'a (au départ) aucun pouvoir surnaturel.

Posté : mer. juin 03, 2009 2:20 pm
par Matika
Fil très intéressant comme tu me l'avais dit !
J'ai lu tous les commentaires et je dois dire que ça m'ouvre des horizons nouveaux. j'écris beaucoup avec des enfants comme personnages principaux. Ils sont rarement les personnages de point de vue par contre, parce que je ne me sens pas assez forte pour me mettre dans leur peau sur le long terme car faire voir toute une histoire au travers des yeux d'un enfant, c'est un tour de force à mon sens (dont mon admiration d'autant plus grande pour l'Empire du Soleil d'ailleurs ou la stratégie Ender !).
Par contre, pour ce qui est des dialogues ou des comportements, ça ne me pose pas trop de problèmes même s'il m'arrive souvent d'avoir des personnages réagissant de manière peut-être un peu trop mature au premier jet (je corrige ensuite). J'ai lu (lorsque j'étais à la fac et que j'envisageais de travailler sur les jumeaux) beaucoup d'ouvrages de psychologie et aussi pas mal de bouquins sur le développement de l'enfant. Ainsi, le physique donné importe autant que la psychologie et la parole pour moi. Parce que, dans un texte, un gamin de 5 ans qui fait 1m50 et qui fait du vélo absolument parfaitement sans roulettes, ça va pas le faire. Et y a aussi tout un tas de détails très intéressant sur l'acquisition de certaines constructions de phrases qui viennent à un âge donné. Ca va en parallèle d'ailleurs avec le sens du rythme, l'oreille interne, l'équilibre, la latéralisation dans l'espace etc... On trouve finalement beaucoup de choses dans les livres de médecine ou plus simplement dans les revues pour jeunes parents. :)

Re: Faire parler les enfants

Posté : lun. janv. 25, 2010 9:14 pm
par sherkkhann
Coucou à tous :zzz:

Je remonte ce fil que je trouve très intéressant. Je n'ai pas d'enfants et il n'y en a pas non plus dans mon entourage. Il me reste seulement quelques souvenirs avec mon frère (baston). Voilà : dans mon cycle il y a deux héros qui adoptent des jumeaux de six ans. Ces petits garçons ont assisté au massacre de leur clan. J'ai donc un dialogue où les héros essayent de leur expliquer ce qu'il s'est passé. Comment expliquer la mort à des enfants ?

Re: Faire parler les enfants

Posté : lun. janv. 25, 2010 9:44 pm
par Roanne
Peut-être que tes héros ne le savent pas mieux que toi !
Ils vont donc tenter, avec leurs mots d'adulte, de faire ce que tu ferais aussi dans une situation similaire.
Par contre, c'est la réaction des enfants qui est importante et tout dépend de leur caractère, de leur personnalité et de ce qu'ils ont vu exactement.
Contrairement à l'idée répandue, les enfants comprennent très bien et très vite, par contre ils ne vivent pas dans le même espace-temps ce qui fait qu'ils percutent souvent les conséquences plus tard, avec parfois une réaction assez violente.
En fait, c'est ça le truc difficile à gérer pour toi : les semaines et les mois qui suivent le drame.

Re: Faire parler les enfants

Posté : lun. janv. 25, 2010 10:16 pm
par Boite en carton
La mort, je dirais que les enfants connaissent. Les contes de fées par exemple sont bourrées de morts. Les méchants loups meurent, les reines meurent en couches... etc.
A trois ans ma fille pensait que lorsqu'on mourrait, on allait au ciel puis un baiser du prince charmant réveillait les morts ^^
A 4 ans, elle sait que les morts vont au ciel et qu'on ne les revoit jamais jamais.
Elle pense aussi que bientôt la vie va s'arrêter et tout le monde va mourir et les maisons vont être toutes cassée et je me demande qui lui a parlé de 2012, ça m'énerve...
Je dois aussi lui dire régulièrement que papy et mamy ne sont pas si vieux et qu'il ne vont pas mourir bientôt.
La mort n'est pas quelque chose de triste parce que pour elle "revenir jamais" n'est pas définitif, je pense, c'est juste long... genre, une ou deux semaine ?
A six ans tes jumeaux doivent encore mieux maitriser le concept, je pense.

Par contre comprendre le pourquoi doit être plus difficile à comprendre. Enfin ça dépend vraiment de la société dans laquelle ils ont été élevé, si elle est en paix ou en guerre, quel est le niveau de la médecine, quel type de religion aussi...
Bref si la mort est une chose courante ou pas, si c'est la fin ou une étape d'un cycle, s'il y a un culte des mort, etc.